Un billet écrit par William Bayiha sur Journaliste presqu’engagé !

Rue

Une rue sablonneuse du quartier Patte d’Oie à Dakar (Crédit Photo : William Bayiha)

Je vois très bien les rues telles que décrites dans la nouvelle Le Mandat. S’enfonçant dans les entrailles des quartiers de Ndakaru, les ruelles sont sablonneuses. Je me figure le facteur poussant difficilement sa mobylette dans ce sable fin mais récalcitrant pour livrer le courrier à problème. Et quand j’ai vu des femmes balayer leur cour le matin, elles m’ont fait penser avec tellement de pertinence aux deux femmes d’Ibrahima Dieng. Quelques détails au hasard. C’est fou comme Dakar est comme l’avait décrite Sembène Ousmane il y a près de cinquante ans !

Le matin du 06 avril 2013, je me suis aventuré dans les rues du quartier et j’ai même longé l’autoroute de la capitale sénégalaise qui relie Patte d’Oie au quartier Front de terre. J’ai rencontré des Sénégalais et des Sénégalaises. Plus exactement, je les ai observées de loin. J’ai été au marché. Ils parlaient le wolof, le français, le wolof encore, le français en wolof, le wolof en français exactement comme dans l’oeuvre de Sembène.

Et partout ce même filet continu de sable fin hante les rues non bitumées. Face au spectacle d’un sol aussi sablonneux je me suis demandé comment les plantes font pour pousser. C’est vrai le long de la voie rapide, il y a de la végétation. Mais ce serait en même temps exagérer de la comparer aux sissongos ou aux hautes herbes qui bordent les rues et les routes au Cameroun. Il s’agit d’avantage de futaies d’épineuses qui rappellent d’autres récits de Sembène Ousmane. Et c’est justement grâce aux paysages décrits dans Vehi Ciosane que je réussis à me faire à la végétation particulière qui borde les rues de Dakar.

Mais tout cela ne m’a pourtant pas semblé familier. Je ne m’attendais pas à trouver de si bonnes routes dans la capitale sénégalaise. Il fait plus froid que dans les récits de Sembène et les écrivains publics ne se sont pas montrés depuis la nuit dernière. Il ne faut pas désespérer n’est-ce pas ? Et la presse quotidienne paraît le samedi, et elle semble se vendre. Et ce qui m’a le plus marqué c’est qu’ici à Dakar et sans doute dans le reste du Sénégal et de l’UEMOA, le francs Cfa de la Banque des États de l’Afrique centrale n’est qu’un papier sans valeur.

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Raphaëlle Constant

Raphaëlle Constant

Community manager pour Atelier des Médias et Mondoblog. Etudiante au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes.
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